Je suis devenue maman jeune; ma fille est née lorsque j’avais 22 ans. Deux mois plus tard, je commençais un baccalauréat qui m’aura pris 7 ans à terminer à temps partiel, tout en travaillant à temps plein et en élevant ma fille seule une semaine sur deux. J’ai toujours voulu avoir d’autres enfants, mais la vie en a décidé autrement. Durant la dernière année, j’ai dû faire le deuil de 3 enfants; ma seule et unique fille, toujours vivante mais en rupture de lien depuis plus d’un an en raison d’une dynamique d’aliénation parentale sévère dont elle n’a aucune conscience, et deux petits anges que j’ai portés mais qui ne sont jamais venus au monde.
À 40 ans, je me rends compte que je dois réapprendre à m’identifier. Alors que j’ai passé la moitié de ma vie à me définir comme une mère, je dois me définir autrement. Ma fille, maintenant à l’aube de devenir adulte, a choisi de croire les mensonges de son père à mon égard et de m’exclure de sa vie de façon injustifiée. C’est l’épreuve la plus douloureuse que la vie ait amené sur mon chemin. J’ai encore beaucoup de colère, de rancune et de peine. Je ne suis pas encore arrivé où j’aimerais être mentalement et sentimentalement par rapport à la situation, mais j’apprend à redéfinir ma vie, mes priorités et ce qui me rend heureuse.
Ma priorité n’est plus mon enfant. Aujourd’hui, j’apprends à chérir et protéger mes autres relations. Je ne suis pas qu’une mère, j’apprends à m’identifier comme une conjointe, une belle-mère, une fille, une sœur et une amie. Les liens qu’on développe avec autrui sont parfois plus forts que les liens du sang.
J’entame mes 40 ans avec une nouvelle façon de me définir et une nouvelle vision de la vie. Je suis reconnaissante des relations fortes et saines qui m’entourent et qui m’aident à avancer et à voir le bon côté de la vie. Ce voyage n’a pas été facile, mais il m’a rendu plus forte et pour la première fois, j’ai l’impression de me choisir moi. Je ne vis plus sous les reproches constants, la pression de devoir m’améliorer, de faire des erreurs, de ne pas répondre aux attentes, de ne pas être assez ou d’être trop. Je ne suis pas tout à fait arrivée à destination, mais je suis sur le chemin de la liberté et de ce que les gens pensent ou disent de moi. Ma priorité est maintenant mon bonheur, ma paix intérieure, et les gens que j’aime et qui m’aiment en retour.
J’ai travaillé fort pour en arriver où je suis aujourd’hui. Dans la vingtaine, je croyais que ma vie serait toujours vécue de façon aussi intense et qu’à 40 ans, j’allais inévitablement me fatiguer et frapper un burn out. Je croyais même que j’allais mourir jeune. J’étais incapable d’entrevoir ma vie au-delà de mes 40 ans. En fait, c’est l’inverse qui s’est produit. En travaillant d’arrache-pied, j’en suis arrivé à me tailler une place confortable sur le marché du travail avec des avantages, des actifs, et du temps de loisir grandissants à chaque année. Avoir travaillé fort me fait davantage apprécier ce confort. Chaque effort en vaut la chandelle. Et j’ai appris au fil des années à savoir m’entourer de bonnes personnes et à m’éloigner des gens toxiques. En résumé, la vraie ne commence qu’après 40 ans pour ma part. C’est quasiment une renaissance, c’est une nouvelle vie.
Je crois que chaque femme possède son histoire bien à elle, et au fur et à mesure que les années passent, les expériences de vie nous forgent et nous rendent uniques, plus résilientes, mais aussi plus empathiques et compréhensives. J’ai adoré lire chacune des histoires des autres femmes ayant participé à ce projet, ainsi que les photos éloquentes prises par Mireille pour illustrer la beauté de ces femmes.
Ayant pris part à des groupes de soutien pour parents dans la même situation que moi, je me rends compte que l’histoire que j’ai vécue est beaucoup plus répandue qu’on le croit, mais peu documentée et surtout, qu’il y a un manque flagrant de connaissances sur l’aliénation parentale. J’aimerais que les parents qui vivent la même situation puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls; que ce qu’ils vivent est injuste et qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire avant que la société agisse pour trouver des solutions. En cette année 2025, l’année de mes 40 ans, je ne souhaite qu’une seule chose; que l’aliénation parentale soit mieux connue par la société, le système de justice et d’éducation, les professionnels en santé et la DPJ. Que les intervenant qui interagissent avec nos enfants soient formés à la déceler et à intervenir. Que l’aliénation parentale soit reconnue, interdite et dénoncée au même titre que l’intimidation et le harcèlement. Je souhaite sortir de l’ombre afin que mon histoire soit vue et entendue et qu’ensemble, nous nous mobilisons pour trouver des solutions.
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